
Fête du
Très PRÉCIEUX-SANG
de Notre-Seigneur Jésus-Christ
L'Histoire de l'Église, c'est l'histoire
du Précieux Sang. "C'est par lui, et non par le sang
des taureaux et des boucs, que nous avons été rachetés;
c'est par Son propre Sang que le Christ est entré une fois
pour toutes dans le Saint des Saints, après avoir acquis
une rédemption éternelle," déclare saint
Paul, le premier docteur du Précieux Sang.
Le sang des Martyrs et les sueurs des Saints
de tous les temps sont le prolongement du Précieux Sang
de Jésus-Christ. Chacun d'eux ne pouvait-il pas répéter
avec saint Paul: "J'achève en ma propre chair ce qui
manque aux souffrances de Jésus-Christ."
Aussi est-ce à bon droit que la liturgie
sacrée célèbre le Précieux Sang durant
tout le cours de l'année. Par le sacrifice des autels,
Notre-Seigneur Jésus-Christ ne cesse de répandre
Sa vertu purificatrice sur le monde, criant non vengeance, mais
miséricorde. Il étouffe la voix des crimes des pécheurs
et change les foudres vengeresses en pluie de grâces. Le
Père Éternel exige que le Sang de Son Fils bien-aimé
soit le bain qui purifie notre conscience. Ce Sang d'un si haut
prix nous est donné, non avec parcimonie, mais avec une
générosité divine.
Incomparable Victime préparée par
l'Éternel, l'Enfant-Dieu commence Sa mission de Rédempteur
au jour de la Circoncision. Au jardin des oliviers, la terre est
arrosée de la sueur de Son sang adorable. Au prétoire,
ce ne sont plus des gouttes, mais des ruisseaux de sang qui coulent
de tout Son corps, sous les coups redoublés de la flagellation.
Sa tête n'est pas épargnée, les épines
qui y sont enfoncées l'inondent et l'empourprent de Son
sang.
Dans les sentiers du Calvaire, tous les pas du
Rédempteur sont marqués par des traces de sang.
Ce Précieux Sang jaillit encore avec effusion au moment
où les soldats Lui arrachent violemment Ses habits collés
à Ses plaies. Lorsque Ses pieds et Ses mains sont percés
par de gros clous qui fixent Son saint corps à la croix,
quatre fleuves de sang fécondent la terre desséchée
et maudite par le péché. Avec le coup de lance,
une nouvelle plaie s'ouvre encore et laisse sortir la dernière
goutte de sang des veines de notre très doux Sauveur.
Rachetés à un si haut prix, ne
nous rendons plus esclaves des créatures. Nous portons
sur nos fronts la croix du Christ, nous sommes teints de Son sang;
n'effaçons pas les marques d'une si glorieuse servitude.
Puisqu'Il a racheté notre vie si chèrement, consacrons-la
toute entière au service de ce Dieu d'amour et ne rompons
pas un marché qui nous est si avantageux. Lorsque le prêtre
offre ce Précieux Sang sur l'autel, entourons-le de nos
plus respectueux hommages.
Tiré de: Frères
des Ecoles Chrétiennes, Vies des Saints, Edition 1932,
p. 229; Edition 1903, p. 639-640 -- L'abbé Jouve, édition
1886, p. 499-500.