
Le Parfait Ecclésiastique.
Diverses Instructions sur toutes les fonctions
Cléricales
Disposées en Tables par M Claude de la Croix,
prêtre du Séminaire de S. Nicolas du Chardonnet,
et rédigées en Livre, corrigées et augmentées
par des Ecclésiastiques du même Séminaire.
Paris 1665
Avec approbation des Docteurs, et Privilège
du Roi.
Troisième partie : chapitres 5 et 6
Avis sur l’Office moins solennel, où
il y a peu d’Ecclésiastiques.
D'autant qu’il ne se trouve pas de règle
bien certaine, pour diriger Messieurs les Curés et Pasteurs
des Paroisses de la campagne, et que faute d’Ecclésiastiques
et Officiers, ils ne peuvent faire ce qu’ils voudraient bien,
pour solenniser dignement l’Office divin, et que plusieurs
m’en ont témoigné combien ils souhaiteraient
en avoir un petit modèle ; j’ai estimé ne les
devoir priver d’une demande si juste et raisonnable. Mais
auparavant que d’entrer en cette matière, il faut supposer
plusieurs choses, sans lesquelles on a jugé ne pouvoir rien
faire bien à propos, et d’autres lesquelles s’y
rencontrant, il sera très difficile que le service de Dieu
soit fait avec les cérémonies et solennité
requises, à un si haut et relevé Ministère.
Les choses nécessaires pour l’Office.
Je suppose que quand il n’y aurait qu’un
prêtre, pourvu qu’il sache bien les Rubriques, les étudie
souvent, et les cérémonies Ecclésiastiques,
et qu’il s’affectionne à les bien observer pour
la gloire de Dieu, et le dû de sa charge, il réussira
heureusement.
Que l’Ecclésiastique ne se laisse
point préoccuper de cette pensée, de n’être
pas obligé de faire plus qu’un tel son voisin, qui
ne fait pas si bien son Office qu’il voudrait, ou pour ce
qu’il n’a pas été bien instruit en la
pratique des saintes Cérémonies, ou parce qu’il
n’a personne qui le seconde, ou parce qu’il se trouve
divers autres empêchements dans sa Paroisse, auxquels il a
fait ce qu’il a pu pour y remédier, ou même parce
qu’il a été fort négligent à s’acquitter
dignement de son devoir.
Qu’il se souvienne, dis-je, de la promesse
et récompense que Dieu fit autrefois par son Prophète
à quelques Prêtres zélés pour son service,
lesquels ayant fidèlement observé les saintes Cérémonies
ordonnées de Dieu, pendant que les autres Prêtres et
Lévites, et le Peuple les avaient négligées
et comme délaissées. Voici les paroles qu’il
annonce de la part de Dieu, à ceux qui l’avaient servi
et honoré pendant la négligence des autres. Sacerdotes
et Levitae qui custodierunt ceremonias sanctuarii mei, cum errarent
filii Israel a me, ipsi accedent ad me ut ministrent mihi : et stabunt
in conspectu meo, etc. [1]
[1] Les Prêtres et les Lévites qui
ont gardé les Cérémonies de mon sanctuaire
quand les enfants d`Israël s`égaraient loin de moi,
ceux-là s`approcheront de moi pour me servir, et se tiendront
devant moi. Ezech. 44, 15 vulgate, raccourci.
Les menaces que Dieu fait à ceux qui négligent
ce qui regarde son honneur, sont bien à redouter, puisqu’il
dit et répète si souvent ces paroles pour marquer
leur ingratitude et infidélité. Portabunt iniquitatem
suam, et non appropinquabunt ad me ut sacerdotio fungantur mihi,
sed portabunt confusionem suam, et scelera sua quae fecerunt [2].
Cela doit donner grande terreur à ceux qui négligeraient
les choses saintes en ce qui concerne le service de Dieu.
[2] Ils porteront leur iniquité et ne s`approcheront
pas de moi pour être à mon service dans le sacerdoce,
ils ne s`approcheront pas de mes sanctuaires, de mes lieux très
saints, mais ils porteront la peine de leur ignominie et des abominations
qu'ils ont commises. Ezech. 44, 12c-13 vulgate, raccourci.
Ces choses supposées, comme il dit au premier
article, il est nécessaire qu’il y ait des personnes
avec lui qui sachent le chant, comme Maître d’École,
enfants, etc. Cela se trouve ordinairement dans les Paroisses bien
réglées, ou bien le Curé du lieu, ou son Vicaire,
font l’École en la place d’un Maître.
Qu’il puisse dresser au chant, et instruire
des Cérémonies huit, ou dix, ou douze petits enfants,
ce qu’il fera aisément, pour peu de soin et de peine
qu’il y veuille prendre.
Les uns peuvent être dressés pour
servir la sainte Messe, les autres pour porter les chandeliers ;
et les cierges aux Offices divins, Processions, etc. soit pour les
allumer et éteindre, quand il en est besoin.
Quelques autres pour l’encensoir et la navette,
et la façon de les tenir et présenter avec l’encens,
et aussi les révérences et baisements des mains bien
à propos et modestement. Un peut suffire pour ceci.
Bref en employer deux pour avoir soin que les Livres
saints, et les ornements, et autres choses servant aux saints Autels,
ne traînent point, et que rien ne soit mal propre dans l’Église
de Dieu.
Cette petite économie servira merveilleusement,
et soulagera beaucoup celui qui aura pris ce soin de les dresser
ainsi au service de l’Église.
On en pourrait encore dresser quelqu’un pour
être Cérémoniaire au défaut de quelques
Ecclésiastiques.
Je suppose qu’il y ait un lieu propre pour
placer séparément ces enfants pour le chant, vous
en avez la construction ci-après ; si on y veut faire quelque
petite dépense, et qui servira même ad ornamentum.
Si les enfants sont Clercs tonsurés, ils
auront tous les cheveux courts, la petite couronne, une soutane
et des surplis. Les lieux où les Laïques portent Chapes,
et surplis, ne doivent être imités en ce point, ceci
n’ayant été en usage dans l’Église
par Ordonnance d’aucuns Papes, Conciles, ni Canons d’icelle.
Que tout le meuble nécessaire y soit, comme
deux chandeliers, outre ceux de l’Autel, un encensoir, une
navette, une petite cuillère à mettre l’encens
dedans.
Les enfants qui seraient dressés à
ces petits Offices, et qui ne seraient tonsurés, pourraient
avoir de petites robes violettes pour servir pendant l’Office,
et leur encharger de les conserver bien proprement avec de petits
bonnets, plutôt que des toques rondes.
Les choses qu’on ne doit souffrir au Choeur,
pour bien faire l’Office divin.
Les choses qui doivent être retranchées
du Choeur, c’est d’empêcher que les Laïques
ne se mettent point à la place des Ecclésiastiques
dans le Choeur, car cela est contre les saints Canons.
Que les Laïques qui savent chanter, aient
tous des Livres ou Heures où soit l’Office qui se chante
à l’Église, et qu’ils ne se mettent pas
tous d’un côté ; mais la moitié des plus
fortes et accordantes voix d’un côté, et l’autre
moitié de l’autre, faisant toujours en sorte que les
voix soient partagées également.
Empêcher que les Laïques qui ne savent
chanter, ne se mêlent point avec ceux qui chantent, et que
ceux qui chantent de chaque côté, soient unis ensemble
tant que faire se pourra.
Que le Choeur ne soit point beaucoup occupé,
et que les deux ailes soient entièrement vides, afin d’avoir
plus facile liberté d’aller et de venir dans le Choeur,
pour faire les choses nécessaires pendant l’Office.
Que les enfants qui ne savent encore chanter, ne
se mêlent parmi ceux du Choeur, ou du chant.
Que dans le Choeur on ne souffre les Laïques
que le moins qu’on pourra, d’autant que ce n’est
pas leurs places ; car pour ceux qui y chantent, c’est par
tolérance qu’ils y sont soufferts pendant le Chant
de l’Office divin.
Que l’on n’y souffre jamais les femmes,
et encore moins leurs sièges. Les personnes de condition
étant bien instruites, ne s’offenseront jamais quand
on leur fera entendre que cela est contre l’ordre de l’Église,
et contre la bienséance, étant assuré que ce
n’est pas de ces esprits-là desquels notre Seigneur
dit, Pater ! servavi quos dedisti mihi, et ailleurs, Ego pro eis
rogo ; mais il ajoute pour leur faire connaître s’ils
sont de ce nombre, non pro mundo rogo [3].
[3] Père ! J'ai gardé ceux que tu
m’as donnés - Je prie pour eux - je ne prie pas pour
le monde (Jn 17).
Il serait aussi bien à souhaiter que les
Seigneurs qui s’y veulent maintenir d’autorité,
donnassent ordre que leurs gens empêchassent leurs chiens
de les suivre à l’Église, d’autant que
bien souvent c’est un sujet de divertissement, ou pour ceux
qui les y amènent, ou pour les enfants pendant la sainte
Messe et l’Office divin.
Construction d’un petit lieu élevé
au milieu du Choeur,
pour placer les Chantres pendant l’Office.
D'autant (comme il a été dit) que
les Ecclésiastiques, ou les enfants qui savent chanter, n’étant
qu’en petit nombre, il est expédient qu’ils soient
unis et conjoints, afin que les voix soient plus fortes et accordantes,
étant auprès les uns des autres, nous avons jugé
qu’il serait expédient de leur dresser un petit lieu
élevé au milieu du Choeur, afin que la Psalmodie en
soit mieux réglée, et qu’ils en chantent plus
à leurs aises.
Il faut donc construire au milieu du Choeur devant
le pupitre un petit lieu fait de planche élevé plus
que le pavé ou plan du Choeur, environ de sept pouces [18
cm], long de dix ou douze pieds [3m50], large de six ou huit pieds
[2m40].
Sur le devant au milieu doit être posé
l’Aigle ou pupitre à mettre les Livres du chant dessus.
Aux deux ailes ou extrémités, seront
deux bancs, hauts de vingt pouces [50 cm], et aussi longs que le
petit plancher, soutenus par des pieds ou balustres.
Les deux bancs des deux côtés seront
larges d’assiette de huit pouces [20 cm], et de la longueur
du plancher. En bas contre les sièges, il y peut avoir un
pied et demi [45 cm] d’entrée.
Ces bancs étant de la grandeur ci-dessus
peuvent tenir dix-sept personnes bien à l’aise : si
la place n’est pas si commode pour les faire de cette grandeur,
on en peut diminuer à proportion.
A l’extrémité au bout d’en
bas seront posé deux, ou trois sièges, si on veut,
afin que s’il y a plusieurs Ecclésiastiques, ils s’y
puissent mettre quand il sera besoin.
S’ils s’y veulent placer, ce sera principalement
lorsqu’ils feront l’Office solennellement avec Chapes,
afin d’avoir toujours les livres devant eux, et aussi afin
de retenir en modestie ceux qui seraient pour la Psalmodie sur ces
deux grands bancs pendant l’Office divin.
Depuis ces trois sièges jusqu’au pupitre,
il y aura environ sept pieds [2m] de distance.
Au devant d’iceux il y aura un marchepied
long comme le travers du plancher, et élevé par-dessus
icelui de quatre pouces [10 cm], large de neuf [23 cm].
Ces sièges pourrant être par le haut
en forme de croissant, si on veut, ils seront immobiles, et soutenus
de petits balustres par derrière seulement.
L’on peut mettre au derrière de ces
sièges des appuis de fer, ou de bois, ils seront moins embarrassants
de fer rond et bien propre.
Ces appuis seront éloignés derrière
les sièges de quatorze pouces [35 cm], et éloignés
d’iceux de six [15 cm].
Il faut que par-dessous les ais ils soient garnis
de maçonnerie, ou de bonnes solives, et du charbon par-dessous
iceux, de peur que l’humidité ne les pourrisse, et
ces ais seront attachés sur des solives.
Voilà à peu près la construction
dudit lieu, qui est fort commode pour les Chantres, comme la pratique
s’en voit en plusieurs Paroisses, même à la campagne.
Il y a quelques Églises où il est
environné de petits balustres, les bancs étant de
menuiserie bien propre. L’on peut ouvrir et fermer ce petit
lieu quand l’on veut, afin d’en interdire l’entrée
à ceux qui n’y doivent point être ; en ce cas
les balustres ne doivent être plus hauts que les sièges
environ que d’un pied et demi [45 cm], ou deux pieds au plus,
les deux portes aux deux côtés par le bas comme l’ouverture
ci-dessus, et laisser aussi une autre ouverture par le haut, afin
qu’on y puisse entrer par trois côtés facilement.
Des Vêpres aux jours de Fêtes dans
les Paroisses des Bourgs et Villages,
où il y a peu d’Ecclésiastiques.
Ayant donc maintenant à traiter comme l’on
doit célébrer l’Office divin dans les Paroisses
de la campagne, et supposant ce qui est ci-dessus (si faire se peut)
j’ai estimé que je devais toujours suivre l’ordre
des solennités de l’Église qui commence ordinairement
ces Offices par les premières Vêpres, qui se disent
la veille, quoi que cela ne se pratique pas toujours dans les Petites
paroisses, et ceci servira pour les secondes Vêpres aussi
bien que pour les premières.
Du commencement des Vêpres.
S'il n’y a qu’un Ecclésiastique
dans une Paroisse, il procurera que les Vêpres se disent toujours
à même heure, qui peut être à trois heures
en Été, et à deux heures en Hiver, comme il
se pratique saintement en plusieurs Diocèses.
L’heure étant venue, et ayant donné
ordre que l’on sonne l’Office divin, un peu avant le
dernier coup, il ira à l’Église, et tous ceux
qui y doivent être, préparera tout l’Office,
mettra les signets sur les endroits du Livre qu’il a à
faire, fera sa prière, et les autres de même, commandera
de sonner le dernier coup, et en silence, selon les louables coutumes
de chaque lieu.
Tiendra la main que la lampe demeure toujours allumée
devant le saint Sacrement. Les deux qui doivent servir d’Acolytes,
allumeront les cierges, faisant les génuflexions dues au
saint Sacrement, puis se retireront.
Celui qui aura soin de l’encensoir, tiendra
toutes choses prêtes pour s’en servir en temps et lieu,
et qu’il ne laisse jamais de charbon ni de tison dans l’Église,
ni à la Sacristie.
Tout cela étant fait, chacun se met en sa
place, fait sa prière, et au signal du Célébrant
chacun se lève, dit Pater, et Ave, tout bas, puis le même
Célébrant commence, Deus in adjutorium, etc. en faisant
le signe de la Croix, ce que doivent faire aussi tous les autres
Assistants.
S’il y a plusieurs Ecclésiastiques
qui fassent office de Choristes, le premier d’iceux ayant
fait génuflexion au saint Sacrement, va faire l’inclination
profonde au Célébrant, lui annonce l’Antienne,
et après fait encore pareille inclination.
S’il faut dire toute l’Antienne au
commencement, il peut (s’il n’est pas loin du pupitre)
retourner à sa place, qui sera l’une des trois que
nous avons mis ci-dessus, qui est le côté droit, puis
vers la fin de l’Antienne se tient prêt pour commencer
le Psaume.
S’il n’y a que l’Officiant, il
n’attendra pas que l’un de ces enfants lui annonce,
mais entonnera lui-même l’Antienne (et si c’est
la coutume, il commencera encore la cinquième).
Pour chanter, ces douze enfants occuperont ces
deux bancs qui sont destinés pour ceux qui chantent. S’ils
ont des robes, etc. comme il est dit, ils diront les Antiennes alternativement
et les autres Psaumes.
Après la dernière Antienne et les
cinq Psaumes dits, le Célébrant se lève, se
découvre, dit le Chapitre, commence l’Hymne, deux des
enfants ayant dit les Versets, étant au devant du balustre
du grand Autel, le Célébrant entonne l’Antienne
pour le Magnificat. Puis l’enfant qui doit porter et présenter
l’encensoir et l’encens au Prêtre, le salue d’une
inclination profonde devant qu’il sorte de sa place, et les
deux qui servent d’Acolytes pour porter les chandeliers, ayant
fait même inclination profonde s’en vont en cet ordre
devant le Célébrant. Le Thuriféraire précède,
les deux Céroféraires suivent, puis après est
l’Officiant, en suite ils vont faire génuflexion devant
l’Autel tous trois, et le Célébrant au milieu
des deux Thuriféraires [4] fait seulement inclination, puis
s’en vont à la Sacristie. Le Célébrant
prend la chape, les deux enfants les chandeliers, et le Thuriféraire
l’encensoir, qu’il tient de la main droite, et la navette
de la gauche, et s’en vont en cet ordre comme ils étaient
allé. Arrivés devant l’Autel, ils font comme
dessus. Les deux Thuriféraires [5] posent leurs chandeliers
sur les basses marches, et pendant que le Célébrant
bénit, et met l’encens dans l’encensoir, vont
découvrir l’Autel à moitié, jusqu’à
ce qu’il ait été encensé, puis le recouvre,
et vont reprendre leurs chandeliers, font génuflexion, lors
que le Célébrant fait inclination, puis marchent en
cet ordre où il faut encenser [6], et s’en reviennent.
Étant de retour, les génuflexions faites, le Thuriféraire
ayant repris l’encensoir avec les cérémonies
ci-dessus, se tourne vers le Célébrant, lui fait inclination
profonde, l’encense de trois coups, et fait la révérence
après, si c’est la coutume il encense le Choeur et
le reste, puis reporte l’encensoir à la Sacristie.
[4] L’auteur doit vouloir dire : au milieu
des deux Céroféraires ... ce semble être une
erreur manifeste.
[5] De nouveau, on suppose qu’il veut dire
: les deux Céroféraires posent leurs chandeliers ...
[6] Nous supposons que l’expression "où
il faut encenser" fait référence à d’autres
autels ou à des statues de saints dont on fait la fête.
Après le Magnificat dit, le Célébrant
dit l’Oraison, les deux enfants qui ont porté les deux
chandeliers attendant au milieu près le balustre, disent
Benedicamus Domino, s’il n’y en a point d’autre
pour le dire.
Cela étant fait, tous retournent à
la Sacristie, comme ils ont fait auparavant, et avec le même
ordre.
Des Complies.
Si l’on dit Complies immédiatement
après Vêpres, un enfant commencera aussitôt,
étant au milieu du Choeur, après qu’il aura
fait génuflexion au saint Sacrement, ou à la Croix,
disant, Iube domne benedicere, en s’inclinant profondément
vers le Prêtre, jusqu’à la fin de la Bénédiction,
Noctem quietam, inclusivement.
Ayant dit Lectio brevis, qui est Sobrii estote,
et disant Tu autem, à la fin il fait génuflexion derechef,
puis s’en retourne à sa place.
Après le Célébrant faisant
le signe de la Croix, tous le font aussi, disant Adiutorium nostrum,
puis Confiteor Deo, etc.
Le Célébrant ayant dit le Confiteor,
demeurant incliné, les autres disent Misereatur tui omnipotens
Deus, etc. puis ils disent le Confiteor, demeurant inclinés
jusqu’à la fin du Misereatur vestri, après icelui
le Célébrant dit Misereatur vestri.
Chacun se signe quand le Célébrant
dit Indulgentium, sans être incliné.
Puis il commence Converte nos Deus, faisant le
signe de la Croix sur le coeur, avec le pouce, et les autres de
même, et disant Deus in adiutorium, il fait ce qui est dit
au titre de l’abrégé des Cérémonies.
Tous s’inclinent au Verset Gloria Patri,
jusqu’à Sicut erat, inclusivement.
Le Célébrant entonne l’Antienne
Miserere, ou Alleluia, au temps Pascal, et on commence le Psaume,
Cum invocarem, etc.
A la fin des Psaumes, tous répètent
l’Antienne, puis le Célébrant commence l’Hymne,
le Capitule Tu autem Domine, deux enfants au milieu du Choeur ayant
fait les révérences convenables, disent In manus tuas,
et tous les autres répondent, et répètent In
manus tuas, etc.
Le Célébrant annonce l’Antienne
Salva nos, puis on commence le Cantique Nunc dimittis.
Après le Célébrant dit Dominus
vobiscum, puis l’Oraison Visita, le Benedicamus, et Benedicat,
puis il commence l’Antienne de la Vierge, dit le Verset, et
l’Oraison, étant droit.
Notez qu’ès Églises où
on ne dit que Vêpres, il serait bon que la première
fois qu’on dit une des Antiennes de la Vierge, au commencement
de chaque temps, on la chantât ès Églises où
elle se dit tout bas ordinairement quand on termine l’Office,
et par ce moyen la commencer avec plus de solennité.
Mais particulièrement ès lieux où
on dit Complies séparément des Vêpres ; il est
bon que le premier Dimanche de l’Avent et celle de la très-sainte
Trinité, on les commence par le chant [7].
[7] La suggestion est qu’il serait bien de
chanter les antiennes Alma Redemptoris et Salve Regina la première
fois qu’elles entrent en service, au prix d’un léger
fléchissement des règles. On se rappellera que l’antienne
mariale est dite à voix médiocre à la fin de
chaque office quand on va sortir du choeur : ainsi ce cas ne se
rencontre que dans les églises où les premières
vêpres du 1° dimanche d’Avent et de la Sainte Trinité
ne sont pas immédiatement suivies des complies. Cette antienne
est toujours chantée à la fin des complies, sauf quelques
jours de la semaine sainte.
Des Matines qui se disent dans les Paroisses où
il y a peu d’Ecclésiastiques,
et même où il n’y en aurait qu’un seul.
Tant que faire se pourra, il faut dire les Matines
au Choeur avec piété, dévotion, posément,
et non à la hâte : autrement ceux-là ne vérifieraient
en eux cette belle vérité du Prophète par la
bouche duquel Dieu parlait autrefois en ces termes, Sacrificium
laudis honorificabit me [8]. C’est ce qui est bien à
peser, puisque ce n’est pas seulement le devoir du Chrétien
que de louer Dieu ; mais encore bien plus étroitement celui
des Ecclésiastiques qui doivent faire ici-bas à certaines
heures, ce que font les Anges et esprits Bienheureux dans le Ciel
à tout jamais.
[8] Le sacrifice d’action de grâce
me rend gloire Ps. 49, 23.
Il sera bien à propos que le Curé
ou Pasteur invite au Prône (le Dimanche qui précède
la fête) tout son peuple, afin qu’ils se rendent soigneux
d’assister dignement au service divin, leur faisant entendre
que c’est l’exercice le plus noble du Chrétien
que la louange de Dieu. Qu’ils font en terre ce que font les
Saints au Ciel. Que c’est ici-bas commencer ce qu’ils
feront à toute éternité dans le Paradis. Que
c’est le commencement de la journée qu’il faut
consacrer à Dieu, et plusieurs autres raisons pour leur faire
avoir en affection le service divin.
Du Commencement de Matines.
L'on peut avoir recours pour les choses nécessaires
à être préparées pour les Matines, à
ce qui est dit au commencement des Vêpres, de l’Office
de Vêpres, puis quand toutes choses sont préparées,
le dernier coup pour l’Office sonné, les cierges allumés,
chacun étant tout prêt, le Célébrant
étant à sa place, fait sa prière à genoux,
et tous les autres aussi : quand il a fait, donne le signal, chacun
se lève, il dit Pater, Ave, et Credo, et les autres pareillement,
puis faisant le signe de la croix avec le pouce, commence Domine
labia mea aperies, puis en faisant le signe de la Croix sur soi
de la main, il dit Deus in adiutorium meum, etc.
S’il y a d’autres Ecclésiastiques,
ils peuvent dire l’Invitatoire, et le Choeur répondra,
sinon ce sera deux enfants, ou autres.
Le Célébrant commence l’Hymne,
et tous les autres qui sont de son côté répondent,
puis les premiers couplets finis, l’autre côté
répond, et ainsi chantent alternativement.
S’il y avait des Ecclésiastiques qui
servissent de Choristes ayant les chapes, ils annoncent au Célébrant
le commencement de l’hymne, de la première Antienne,
de la dernière des Matines, de la première et de la
dernière des Laudes, de l’Hymne des Laudes, de l’Antienne
de Benedictus, et aussi des autres à proportion.
Les Antiennes et les autres Psaumes s’annoncent,
et se commencent alternativement par les Ecclésiastiques,
s’il y en a, commençant toujours par les plus anciens,
et la première entonnée par le Célébrant
(c’est toujours le côté droit) la seconde et
le deuxième Psaume, c’est toujours le côté
gauche, et ainsi par tous les Offices alternativement, c’est
à dire les uns après les autres.
Les Versets sont chantés par deux Clercs,
et faute de Clercs, les deux Chapiers, et faute des deux, on se
sert de deux petits enfants ayant leurs petites robes (si faire
se peut). Le même s’observe à tous les Versets,
et Benedicamus.
Après les Versets et Répons, que
l’on dit étant droit et tourné vers l’Autel,
tous étant levés et tournés vers icelui disent
le Pater, tout bas, jusqu’à ces mots que dit le Célébrant,
Et ne nos inducas, etc. puis il dit l’Absolution, pendant
quoi chacun est en attention et dévotion.
S’il y a des Clercs, ils diront les premières
Leçons, et les autres Ecclésiastiques de suite, selon
l’ordre qu’ils ont dans l’Église, si ce
n’est un Supérieur, comme un Curé qui ne serait
encore Prêtre, il dirait la Leçon que doit dire un
Curé ; mais il ne doit point donner de Bénédiction
devant les Leçons, ce serait un autre en sa place.
S’il n’y a que le Célébrant,
et qu’il n’y ait que les petits enfants, ils en pourraient
dire chacun une, le Célébrant dira la septième
et la neuvième [9].
[9] La neuvième leçon est toujours
réservée à l’officiant (où à
l’évêque) ; la septième commence par l’incipit
de l’évangile du jour, et l’on comprend que c’est
n’est pas quelque chose à confier à un enfant
non-tonsuré.
Les Répons pourront être chantés
par les deux Choristes, ou Chapiers, s’il y en a, et les Versets
des Répons par deux autres, ou deux petits enfants instruits.
Toutes les Leçons, Psaumes, Absolutions,
Bénédictions, et Répons pourront être
dits pendant tous les trois Nocturnes selon cet ordre.
S’il n’y en a point de plus digne au
Choeur que le Célébrant, lorsqu’il dira la septième
et neuvième Leçon, il pourra dire à la septième
Iube Domne benedicere, [10] et les autres répondront seulement
Amen, et tout de suite dira Lectio sancti Evangelii secundum Lucam,
et poursuivre de même à la neuvième, disant
Iube Domine benedicere, et les autres répondront aussi Amen,
puis commencera la Leçon absolument, [11] comme s’il
disait celle-ci, Sed cum tot signa perturbationis dicta sint, etc.
[12]
[10] Le texte invite le Célébrant,
quand il n’y a pas de plus digne au choeur, à dire
Iube Domne... avant de lire la 7e et Iube Domine... avant de lire
la 9e leçon. Est-ce voulu ? C’est possible, mais il
nous semble que dans les deux cas le célébrant s’adresse
à Dieu - le choeur répond Amen - et qu’il devrait
donc dans les deux cas dire Iube Domine. En revanche, les rubriques
spécifient que quand l’évêque donne la
9e leçon, il ne demande pas de bénédiction
à un simple prêtre mais directement à la source,
disant Iube Domine, tandis qu’elles ne traitent pas le problème
de la 7e.
[11] Commencera la leçon absolument : La
rubrique qui fait dire Iube Domine par l’évêque
qui donnera cette leçon, fait également dire le texte
de la bénédiction par ce même évêque.
La suggestion est, donc, que le simple prêtre ne le fasse
pas, mais que l’on laisse tomber le texte de la bénédiction
à la 9e (et aussi à la 7e). De plus, la 9e leçon
a parfois un nouvel incipit (cf. la Sainte Trinité, 28 juin,
20 sept, etc.), et il se peut que le conseil est d’omettre
aussi ce deuxième incipit.
[12] Iacobs de Off. c. 12 (note en marge dans le
texte). Bien que ça s'agite beaucoup... on pourrait le dire
!
Des Laudes, et du reste des petites Heures.
Les trois Nocturnes étant dits, le Célébrant
commence le Te Deum Laudamus. Au verset Te ergo quaesumus, etc.
du Te Deum, on fait ce qui est ci-devant.
Le Te Deum étant achevé, le Célébrant
commence Laudes à la même façon qu’il
est dit aux Vêpres.
L’on observera les mêmes Cérémonies,
soit pour Deus in adiutorium, Gloria Patri, pour les Antiennes,
Psaumes et autres choses.
Comme il n’y a point de Gloria à la
fin de Benedicite, l’on se découvre aux deux derniers
Versets, et on s’incline tout de même qu’ès
Gloria.
Le Verset après l’Hymne, se dit par
les mêmes qui ont dit les autres.
L’Hymne se commence par le Célébrant,
et l’Antienne pour Benedictus.
Les mêmes cérémonies qui ont
été faites pour Magnificat, se doivent faire pour
Benedictus.
L’on doit faire toutes les mêmes choses
à Laudes qu’à Vêpres, étant pareilles
en toutes choses, et ne doivent en rien différer d’icelles,
si ce n’est qu’en certaines Églises, y a un Répons
devant l’Hymne aux premières Vêpres, et à
Laudes il n’y en a point.
Les Primes et les Complies sont aussi semblables
en quelque façon, si ce n’est qu’elles différent
dans l’ordre des choses, et qu’aux Fêtes (excepté
les Dimanches) il n’y a que trois Psaumes, et à Complies
il y en a toujours quatre ; c’est pourquoi on peut faire les
mêmes cérémonies à Prime que nous avons
dit pour les Complies.
Les autres petites heures sont sans difficulté,
puisque ordinairement on n’y fait point d’autres cérémonies.
Oraison pour dire avant l’Office divin.
Aperi Domine ! os meum ad benedicendum nomen sanctum
tuum, munda cor meum ab omnibus vanis, perversis et alienis cogitationibus.
Intellectum illumina, affectum inflamma : ut digne, attente, ac
devote hoc officium recitare valeam, et exaudiri merear ante conspectum
divinae maiestatis tuae. Per Christum Dominum nostrum. Amen.
Domine ! in unione illius divinae intentionis,
qua ipse in terris laudes Deo persolvisti has tibi horas persolvo.
Ouvrez mes lèvres, Seigneur, afin qu’elles
bénissent votre saint nom, purifiez aussi mon coeur de toute
pensée vaine, mauvaise, étrangère. Éclairez
mon intelligence, enflammez mon amour, afin que je puisse réciter
cet office avec respect, attention et dévotion, et mériter
d’être exaucé en présence de votre divine
majesté.
Seigneur, en union avec l’intention divine
avec laquelle vous-même avez, sur la terre, payé à
Dieu le tribut des louanges qui lui sont dues, je vous offre le
tribut de ces Heures.
Oraison par laquelle le Pape Léon X a donné
à tous Fidèles qui la diront dévotement,
plénière Indulgence des fautes commises par fragilité
humaine, durant l’Office divin.
Sacro-sanctae et individuae Trinitati, crucifixi
Domini nostri Iesu Christi humanitati, beatissimae ac gloriosissimae
Virginis Mariae foecundae integritati, et omnium Sanctorum universitati,
sit sempiterna laus, honor, virtus, et gloria, ab omnia creatura,
nobisque remissio peccatorum, per infinita saecula saeculorum. Amen.
V/. Beata viscera Mariae virginis quae portaverunt
eterni Patris Filiu.
R/. Et beata ubera quae lactaverunt Christum Dominum.
Pater noster. Ave Maria.
A la très sainte et indivisible Trinité,
à l’humanité de notre Seigneur Jésus-Christ,
mort sur la croix, à la pureté féconde de la
bienheureuse et glorieuse Vierge Marie, et à toute l’assemblée
des Saints, louange éternelle, honneur, puissance et gloire,
de la part de toutes les créatures, et à nous rémission
de nos péchés, pour les siècles sans fin.
Heureux le sein de la Vierge Marie, qui a porté
le Fils du Père éternel.
Et heureuse les mamelles qui ont allaité le Christ notre
Seigneur.