
TRIDUUM PASCAL
Voici en quoi consiste le grand mystère de notre foi, l’événement
par lequel nous vient le salut : « le Christ s’est fait
pour nous obéissant jusqu’à la mort, jusqu’à
la mort de la Croix. C’est pourquoi Dieu l’a élevé
et lui a donné un Nom plus glorieux que tout autre nom. »
Pour tous ceux que le baptême lie au Christ, les trois journées
de la « grande semaine » sont la « solennité
des solennités », le sommet de l’année chrétienne.
C’est le temps où le mystère de la croix nous donne
par les sacrements la vie divine. C’est le temps où nous
devons manger l’Agneau pascal pour parvenir à la Terre
promise.
LA SOLENNITE DES SOLENNITES
Nous entrons aujourd’hui dans le mystère pascal. En ces
jours là, le Christ Jésus, après avoir institué
le sacrement de l’Eucharistie, est mort, a été enseveli,
est ressuscité. C’est tour à tour un temps de sacrifice
et de repentir : « Vous qui passez…voyez s’il est
une douleur comparable à la mienne. « O mon peuple, que
t’ai je fait ? En quoi t’ai-je contristé ? réponds-moi
» ; puis un temps de joie et de certitude : « O nuit de
vrai bonheur, qui seule a pu savoir l’heure où le Christ
est ressuscité ! Nuit que sera ma lumière et ma joie !
» C’est toujours un temps de foi et d’espérance
; même quand se dresse devant nos yeux la folie de la Croix où
meurt le Sauveur, nous chantons : « C’est par le bois de
la croix qu’est venue la joie dans le monde entier. » Voilà
le « mystère de la foi. »
LE SANG ET L’EAU
La mort du Seigneur et sa résurrection sont les instants suprêmes
de notre Rédemption. La grâce qui baigne le monde a sa
source en ces mystères. Du côté de Jésus
ouvert par la lance, Jean a vu couler du sang et de l’eau. Jésus
nous donne sa vie d’homme en répandant son sang. Et du
même coup, c’est de sa vie divine qu’il nous inonde
: l’eau en est le symbole. Tous les sacrements, canaux de la grâce,
sont issus du mystère pascal. L’eucharistie, d’abord,
corps du Christ sacrifié, et pain de vie. Et tous les autres
rites qui la préparent et la complètent : le baptême
« dans les eaux de la mort », d’où sortent
vivants, la nuit de Pâques, les nouveaux chrétiens. La
confirmation, le sacerdoce, et le sacrement des malades, dont les huiles
sont consacrées le Jeudi Saint. Le mariage enfin, dont le modèle
et la force sont dans le sacrifice d’amour par lequel le Christ
s’unit à l’Eglise. En attendant que les hommes à
travers la mort, aillent rejoindre le Christ, chaque fête de pâques
insère davantage chacun de nous, et l’humanité entière,
dans le mystère chrétien. « La grâce, comme
une mère, enfante tous les hommes à une même jeunesse
», celle de la vie éternelle dans le Christ.
NOTE HISTORIQUE
Aux IIIème et IVème siècle, le mot « triduum
pascal » désignait les trois jours durant lesquels le Christ
a souffert, a dormi, et est ressuscité ; par conséquent
le Vendredi Saint, le Samedi Saint, et le jour de Pâques. Dès
les origines, pourtant, le Jeudi Saint fut considéré comme
un des moments essentiels de la célébration pascale. Les
trois jours saints, bien avant l’institution du Carême,
étaient une préparation à Pâques. Les cérémonies
en furent célébrées d’abord à Jérusalem
même. Les pèlerins en ramenèrent la coutume en Gaule.
Rome, plus réticente, finit par les admettre dans sa liturgie