ANTOINE MARIE CLARET

Né en 1807 au petit village de Sallent en Catalogne, Antoine-Marie Claret apprend d'abord le métier de tisserand à l'exemple de son père et se montra un modèle de piété pour ses camarades ouvriers. Ses dons intellectuels facilitent son orientation vers le séminaire et le sacerdoce. Après un essai en chartreuse et chez les Jésuites, il exerce son ministère en région rurale, et là, constatant que le péché était souvent dû à l'ignorance, il se lance dans les missions populaires et dans l'apostolat par la presse dont il est l'un des pionniers. Il crée pour son apostolat la Congrégation des Missionnaires de Coeur Immaculé de Marie, ou Clarétins. Sa réussite exceptionnelle lui vaut d'être remarqué par Pie IX qui le fait ordonner évêque pour la ville de Santiago de Cuba. Au delà de l'océan, il poursuit le même genre d'activités avec autant de succès et non moins d'épreuves, échappant même à un attentat sanglant. Puis il est rappelé dans sa patrie pour être confesseur de la Reine d'Espagne Isabelle II. Là il montre comme toujours sa fidélité au Siège Apostolique, jointe à cette "dévotion à la mère de Dieu" qui est dans cette vie si riche en contraste, "la douce lumière illuminant tout" (Pie XII). Banni par la Révolution de 1868, il vient finir ses jours à l'abbaye cistercienne de Fontfroide dans l'Aude, où il meurt le 24 octobre 1870


Pour me plaire, il n'est pas nécessaire d'avoir beaucoup d'instruction ; il suffit que tu m'aimes beaucoup. Parle-moi avec simplicité, comme tu parlerais avec ton ami le plus intime.
As-tu quelque chose à me demander pour quelqu'un ?
Dis-moi son nom et ce que tu voudrais que je fasse maintenant pour lui. Demande beaucoup ! N'hésite pas à demander. Parle-moi également avec simplicité et sincérité des pauvres que tu veux consoler, des malades que tu vois souffrir, des égarés que tu désires voir revenir sur le droit chemin. Dis-moi au moins une parole pour chacun.
Et pour toi-même, n'as-tu pas besoin de quelque chose ?
Dis-moi franchement que tu es peut-être orgueilleux, égoïste, inconstant, négligent... puis demande-moi de te venir en aide dans le peu ou le grand nombre d'efforts que tu fais pour t'en sortir. N'aie pas honte ! Au ciel, il y a beaucoup de juste, beaucoup de saints qui avaient exactement les mêmes défauts. Mais ils ont demandé humblement... et peu à peu, ils se sont vus libérés de leurs défauts. Et n'hésite pas à prier pour ta santé et pour une heureuse issue de tes travaux, de tes affaires ou de tes études. Tout cela, je peux te le donner et je te le donne. Je désire que tu me pries pour cela, si ce n'est pas préjudiciable à ta sanctification, mais la favorise et la soutient. Et aujourd'hui même, de quoi as-tu besoin ? Que puis-je faire pour toi ? Si tu savais combien je désire ardemment t'aider.
As-tu actuellement un projet ?
Expose-le moi. Qu'est-ce qui te préoccupe ? Que penses-tu ? Que désires-tu ? Que puis-je faire pour ton frère, pour ta sœur, pour tes amis, pour ta famille, pour tes supérieurs ? Que voudrais-tu faire pour eux ? et pour ce qui est de Moi, n'as-tu pas le désire que je sois glorifié ? Ne voudrais-tu pas faire quelque chose de bien pour tes amis que tu aimes peut-être beaucoup, mais qui, peut-être, vivent sans penser à moi. Dis-moi, qu'est ce qui attire particulièrement ton attention aujourd'hui ? Que désires-tu le plus ardemment ? De quels moyens disposes-tu pour l'obtenir ? si un projet échoue, dis-le moi ; je te donnerai les raisons de l'échec. Ne voudrais-tu pas me gagner à ta cause ?
Peut-être te sens-tu triste ou de mauvaise humeur ?
Raconte-moi dans tous les détails ce qui t'attriste, ce qui t'a offensé, ce qui t'a blessé dans ton amour propre, ce qui t'a humilié. Dis-moi tout et bientôt tu parviendras au point où tu me diras que tu pardonnes tout selon mon exemple, que tu oublies tout. En récompense, tu recevras ma consolante bénédiction. Peut-être as-tu peur ? sens-tu dans ton âme cette détresse indéfinissable qui n'est pas justifiée, mais qui ne cesse pourtant de te déchirer le cœur , jette-toi dans les bras de la providence ! Je suis avec toi, à ton coté. Je vois tout. J'entends tout, et je ne t'abandonne pas un seul instant. Sens-tu l'abandon d'êtres qui auparavant t'aimaient bien mais qui maintenant t'ont oublié et s'éloignent de toit sans que tu en sois la cause ? Prie pour eux, et je les ferai revenir à ton côté, s'ils ne sont pas un obstacle à ta sanctification.
Et n'as tu pas peut-être une joie à me faire partager ?
Pourquoi ne me laisserais-tu pas partager ta joie ? Ne suis-je pas ton ami ? raconte-moi ce qui a consolé ton cœur et ce qui t'a fait sourire depuis ta dernière visite chez moi. Peut-être as tu connu des surprises agréables ; peut-être as-tu reçu de bonnes nouvelles, une lettre, un signe d'affection ; peut-être as-tu surmonté une difficulté ; peut-être es-tu sorti d'une situation qui apparaissait sans issue. Tout cela est mon œuvre. Tu dois seulement me dire merci, mon Dieu.
Ne voudrais-tu pas me promettre quelque chose ?
Je lis au fond de ton cœur. On peut facilement tromper les hommes, mais pas Dieu. Alors, parle-moi tout à fait ouvertement. Es-tu vraiment fermement décidé à ne plus t'exposer à telle chose qui t'a causé du tort, à renoncer à lire tel livre qui a excité ton imagination, à ne plus avoir de contact avec telle personne qui trouble la paix de ton âme ? Reviendras-tu doux, aimable et complaisant avec telle personne que tu as considérée jusqu'ici comme un ennemi parce qu'elle a laissé échapper quelque chose contre toi. Eh bien ! Retourne maintenant à tes occupations habituelles, à ton travail, ta famille, tes études, mais n'oublie pas ce quart d'heure que nous avons passé ensemble. Garde autant que tu le peux silence, modestie, recueillement intérieur et amour du prochain.
Aime ma Mère qui est aussi la tienne.
Et reviens de nouveau avec le cœur encore plus rempli d'amour, encore plus abandonné à mon esprit. Alors tu trouveras chaque jour dans mon cœur un nouvel amour, de nouveaux bienfaits et de nouvelles consolations.
Méditation de Saint Antoine Marie Claret