Au Ciel, le Christ Jésus demeure éternellement notre pontife
et prolonge son oblation pour nous : « Nous avons donc un pontife
suprême, dit saint Paul dans l’épître de ce
jour, qui s’est assis à la droite du trône de la
majesté divine, comme ministre unique du vrai sanctuaire que
la main de l’homme n’a pas construit . »
Sans doute, l’apôtre n’oublie pas qu’il n’y
a qu’un sacrifice, celui de la croix. Una enim oblatione, consummavit
in sempiternum sanctificatos. Il ne peut y en avoir d’autre ;
ce sacrifice est unique et définitif. Mais, dit-il, « de
même que dans l’ancien testament, chaque année le
grand-prêtre, après avoir offert le sacrifice dans le premier
tabernacle du Temple, pénétrait seul avec le sang des
victimes dans le second tabernacle, le Saint des Saints, et achevait
par là, en se présentant devant le Seigneur, son œuvre
de pontife, ainsi, le Christ, après avoir offert son sacrifice
sur la terre, est entré, une fois pour toutes, par son propre
sang, non dans un tabernacle édifié de main d’homme,
mais dans le sanctuaire de la divinité. Per proprium sanguinem
introivit semel in sancta. « Par là il consomme dans la
gloire son rôle divin de médiateur ».
Là, « toujours vivant », car « la mort n’a
plus d’empire sur lui », le Christ offre sans cesse à
son Père pour nous son sacrifice déjà accompli,
mais qui subsiste dans sa personne. Il montre à son Père
ses cinq plaies dont il a voulu garder les cicatrices, ces plaies qui
sont l’attestation solennelle et le gage plénier de son
immolation sur la croix. Au nom de l’Eglise dont il est le chef,
il unit à son oblation, nos adorations, nos hommages, nos prières
et nos supplications.
Sans cesse, donc, nous sommes présents à la pensée
de notre pontife compatissant ; sans cesse il met en œuvre, pour
notre sanctification, ses mérites, ses satisfactions, son sacrifice.