Fête du Précieux-Sang
Valeur infinie du précieux sang
Paroles de vie en marge du Missel par Dom Marmion. 1947
Dom Marmion


Au Ciel, le Christ Jésus demeure éternellement notre pontife et prolonge son oblation pour nous : « Nous avons donc un pontife suprême, dit saint Paul dans l’épître de ce jour, qui s’est assis à la droite du trône de la majesté divine, comme ministre unique du vrai sanctuaire que la main de l’homme n’a pas construit . »
Sans doute, l’apôtre n’oublie pas qu’il n’y a qu’un sacrifice, celui de la croix. Una enim oblatione, consummavit in sempiternum sanctificatos. Il ne peut y en avoir d’autre ; ce sacrifice est unique et définitif. Mais, dit-il, « de même que dans l’ancien testament, chaque année le grand-prêtre, après avoir offert le sacrifice dans le premier tabernacle du Temple, pénétrait seul avec le sang des victimes dans le second tabernacle, le Saint des Saints, et achevait par là, en se présentant devant le Seigneur, son œuvre de pontife, ainsi, le Christ, après avoir offert son sacrifice sur la terre, est entré, une fois pour toutes, par son propre sang, non dans un tabernacle édifié de main d’homme, mais dans le sanctuaire de la divinité. Per proprium sanguinem introivit semel in sancta. « Par là il consomme dans la gloire son rôle divin de médiateur ».
Là, « toujours vivant », car « la mort n’a plus d’empire sur lui », le Christ offre sans cesse à son Père pour nous son sacrifice déjà accompli, mais qui subsiste dans sa personne. Il montre à son Père ses cinq plaies dont il a voulu garder les cicatrices, ces plaies qui sont l’attestation solennelle et le gage plénier de son immolation sur la croix. Au nom de l’Eglise dont il est le chef, il unit à son oblation, nos adorations, nos hommages, nos prières et nos supplications.
Sans cesse, donc, nous sommes présents à la pensée de notre pontife compatissant ; sans cesse il met en œuvre, pour notre sanctification, ses mérites, ses satisfactions, son sacrifice.